Porteur
Denis Mathis
Session
2019
Co-porteur(s)
Chiffre Emmanuel
Titre
L’empreinte militaire au Pays de Bitche du Moyen-âge à nos jours
Résumé
Le Pays et la ville de Bitche possèdent un important empilement de traces de la militarisation et de la guerre (polémopaysages). Il s’agit de vestiges de phases de militarisation et d’affrontement dans la région liée à la construction de frontières. Les traces, les « marquages morts » ou les « marquages vifs » illustrent aujourd’hui ce riche passé militaire. La situation de ce territoire aux confins du duché de Lorraine et de l’Alsace puis de la France et de l’Allemagne lui a valu de jouer un rôle considérable pendant plusieurs siècles. L’importance stratégique du Pays de Bitche s’organise de part et d’autres de « frontières » et de territoires en évolution. Ils peuvent s’identifier à partir de marqueurs paysagers déclassés telles que les châteaux-forts, les conduits routiers… mais aussi suivant des cycles de construction des territoires de défense centrés sur la citadelle de Bitche et relié à Landau ou Sarrelouis, mais aussi au basculement de la ville de citadelle (cité guerrière) à la ville de garnison. L’emprise militaire considérable s’évalue aux nombre de quartiers militaires, aux logements des familles mais aussi aux effectifs ou encore à l’aménagement du camp militaire de Bitche et son prolongement au-delà de la frontière (Ludwigswinkel), la multiplicité de casernes ou encore la dissémination de quantité d’ouvrages militaires attachés à la ligne Maginot à travers le territoire.
Le Pays de Bitche, polarisé par sa ville de garnison connait depuis quelques années d’importantes transformations, depuis la dissolution du 4e régiment de cuirassiers courant 1997, suivi par celle du 57e régiment d’artillerie courant 2009. Pourtant, d’un point de vue historique, il semblerait que ces événements particulièrement traumatiques pour le territoire ne soient pas inédits, ils relèvent de cycles de militarisation/démilitarisation de ce territoire liées aux définitions progressives des frontières. L’importance stratégique du Pays de Bitche est liée cette construction des frontières et aux jeux de pouvoir qui se sont exercés dans la région alternant des phases de constructions/de remises en cause et de déconstructions de territoires de défense. De ce point de vue, il semble fondamental de retracer avec précision la trajectoire de l’histoire militaire du Pays de Bitche depuis le Moyen-âge à nos jours. Dans cette approche il faut tenir compte également des territoires abbatiaux notamment l’abbaye de Sturzelbronn dont la position frontalière traduit une forme d’organisation territoriale à explorer.
En tout état de cause, les territoires de défense (de la présence militaire aux conséquences des combats et des destructions) semblent avoir très largement marqué le territoire (mentalement, socialement, culturellement, économiquement, écologiquement, etc.). Le fait militaire a favorisé la production d’un paysage selon une logique établie autour d’une politique de défense, avec des remises en cause progressives au fil des aléas géopolitiques (géographie militaire). De ce fait, il convient d’en retracer les divers processus au croisement de trois grands types d’indicateurs : 1/l’emprise physique et territoriale des frontières, casernes, camps, terrains, routes qui se reflètent aujourd’hui dans le paysage, 2/les effectifs (militaires de rang, conscrits, personnels civils) et 3/les multiples relations (sociales, économiques, politiques, etc.) entretenues avec le territoire au fil du temps.
Type
Projet OHMs
OHM(s) concerné(s)
  • Pays-de-Bitche
Disciplines
Géographie, Histoire, Sociologie
Image

Porteur

Denis
Mathis
Maître de conférences en géographie, spécialiste en géographie historique, je travaille principalement sur la construction et l’évolution des paysages et des territoires militarisés et sur les dynamiques des territoires d’eau.

Participants

Denis
Mathis
Maître de conférences en géographie, spécialiste en géographie historique, je travaille principalement sur la construction et l’évolution des paysages et des territoires militarisés et sur les dynamiques des territoires d’eau.
Emmanuel
Chiffre
Maître de conférences en géographie, mes thématiques de recherche portent principalement sur l’empreinte militaire dans la construction des paysages, la démilitarisation des territoires et leur reconversion. Parmi les autres thèmes, les espaces ruraux, de faible densité (mobilités, transports, réseaux, équipements).
Fabien
Hein
Maître de conférences en sociologie, je pratique la sociologie rurale et mes thèmes de recherches portent essentiellement sur les régimes d’engagement alternatifs dans les domaines culturels, sociaux et écologiques.
Christelle
Loubet
Maître de conférences en histoire médiévale, je mène actuellement des recherches sur l'expression du pouvoir ducal dans la Lorraine médiévale (XIVe-XVe s.), en particulier à travers la maîtrise de l'espace.
Laurent
Jalabert
Maître de conférences habilité en histoire moderne, je travaille notamment sur les questions d'histoire, de mémoire(s) et de patrimoines militaires (XVIe siècle nos jours). L'objectif de mes recherches est de mettre en relation les questions d'histoire, de paysages et de territoires, particulièrement dans le Grand-Est, où la frontière militaire a été un marqueur fort et structurant des espaces.
Joël
Beck